L’ŒUVRE ÉCRITE DE SAINT COLOMBAN

On peut répartir les écrits de Colomban en quatre groupes: règles monastiques et de pénitence, lettres, sermons, poésies.

Dans les années qui suivirent immédiatement la fondation du monastère de Luxeuil (593), Colomban sentit le besoin de doter ses monastères d’une règle, motivée par l’augmentation du nombre des moines. Cette Règle, très stricte et sévère, qui en arrivait même à prévoir des peines corporelles et le recours au fouet, comprenait aussi l’obligation pour les moines de s’adonner à l’étude, ce qui motiva la mise en place dans les monastères colombaniens de prestigieux scriptoria et de riches bibliothèques.

La règle monastique de saint Colomban comporte deux parties: la Regula Monachorum et la Regula Cenobialis. La Regula Monachorum est un traité sur les vertus fondamentales de la vie monastique avec des accents principalement spirituels, et est divisée en dix chapitres: obéissance, silence, nourriture et boisson, mépris des biens terrestres, refus de la vanité, chasteté, prière, discrétion, mortification, perfection du moine. La Regula Cenobialis comporte une longue série de chapitres sur les pénitences relatives aux fautes commises par les moines et discipline la vie quotidienne à l’intérieur du monastère. Colomban écrivit en outre un Paenitentiale.

Les lettres de saint Colomban parvenues jusqu’à nous sont au nombre de six, adressées au pape Grégoire Le Grand, aux évêques français, au pape Boniface III, aux moines de Luxeuil, au Pape Boniface IV et à un jeune disciple.

Ces écrits montrent bien la connaissance chez Colomban de la rhétorique et contiennent termes complexes et subtilités stylistiques.

Sur l’authenticité des sermons les avis sont partagés. Certains chercheurs en mettent en doute la paternité, d’autres retrouvent dans au moins treize d’entre eux les traits typiques de l’écriture de Colomban, qui les aurait rédigés à l’intention de ses moines, dans les dernières années de sa vie, entre 612 et 615. Leur contenu est celui d’une catéchèse proprement dite.

Cinq sont les poésies que l’on peut sûrement attribuer à Colomban, une sixième est d’attribution plus incertaine. On retrouve ici aussi les traits de sa formation classique. Mais le ton est très différent des autres écrits: Colomban s’abandonne aux sentiments humains, laissant de coté toute son intransigeance et son austérité.